Simon Martin

Né en 1992 à Vitry-sur-Seine, vit et travaille à Paris.

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Les sujets des peintures de Simon Martin, déconnectés de tout procédé narratif, partagent avec lui une qualité essentielle ; la proximité. De cette ambiguïté fondamentale où l’intimité se mêle à la banalité, où ce qui est « à portée de la main » est précisément « sous sa main », où le subjectif devient objet, Simon Martin emploie l’acuité de son regard pour faire émerger la puissance plastique. La neutralité impossible dont il s’empare comme d’un outil exprime la récurrence fantastique de la rencontre de la lumière, des matières et des corps. Figures réalistes de visages endormis, membres réduits à la simplicité de leur masse, reflets fidèles de la réalité ou abstraction de sa complexité, la mire de Simon Martin oscille perpétuellement, multipliant au sein d’une même composition les zones de précision, de flou et d’indécision de la restitution du réel. Inventant une lecture du monde empreinte de relativité, il fabrique des points névralgiques d’intérêt, soulignant par l’abandon du détail son engagement absolu face à l’essentiel.

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Par collage, par invention, par juxtaposition de techniques et de sentiments, sa peinture libère un désir de beauté qui se repaît d’inconnu, un portrait en friche de mondes à l’image de celui que nous habitons, jamais vraiment fini. Derrière le calme apparent de scènes domestiques intimes émane pourtant une dynamique secrète du souffle qu’il appartient au « regardeur » d’interpréter. Celle, au choix, éthérée et lancinante de l’aura d’êtres aimés ou celle, plus secrète, du vrombissement destructeur de l’explosion, instillant au cœur de la quiétude un grave tonnerre de sentiments. Et quand il s’agit de sentiments, quand il s’agit de couleurs, un peintre ne peut jamais vraiment s’abandonner à l’érosion de l’intensité… En cela, c’est un jeu trouble qu’il engage avec la représentation, figurant dans chacune des zones de la toile une échappatoire qui nous égare, comme on s’aveuglerait dans la fixation frénétique d’une accumulation de lignes. Dépassant ainsi son paradoxe initial, Simon Martin nous révèle précisément la proximité dans ce qu’elle a d’essentiel ; l’imminence d’une intimité qui aveugle.
Texte par Guillaume Benoit



Légendes :

Simon Martin, Porte-fenêtre, smartphone et fleurs sauvages, 2019 © Tous droits réservés

Simon Martin, Révélations Emerige 2019 - L’effet falaise, commissariat Gaël Charbau, Voltaire, © Rebecca Fanuele



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