Tirdad Hashemi

Née en 1991 à Téhéran (Iran), vit et travaille à Paris.

Cet artiste hackeur, codeur autodidacte et musicien expérimental a fait ses armes aux Beaux-Arts de Toulouse, résolvant les problématiques technologiques de ses petits camarades, quand il ne piratait pas la sonnerie de son école d’art (Ring Rang Run, 2012). La production ultraconnectée qu’il a présentée à son diplôme n’a pas pris une ride : le film Garonnette Géniale (2012) témoigne de la dystopie domestique à laquelle s’apparentait son studio d’étudiant, truffé de câbles et de capteurs interconnectant la lumière, le canapé-lit, la chaîne hi-fi, les appels téléphoniques automatiques à sa mère et bien sûr l’ordinateur, publiant un flux continu de données sur la page Facebook de Charlie, régulièrement bloquée par le réseau social.

Interprète, scénographe et compositeur au sein de la compagnie de danse contemporaine de la chorégraphe Maguy Marin — collaboration initiée alors qu’il était encore aux Beaux-Arts —, Charlie Aubry s’est familiarisé avec les productions de grands plateaux dans le champ du spectacle vivant.

Cofondateur en 2016 de l’artist-run space blvu (près de Lyon), ce toucheàtout commençait à manquer de temps pour produire ses propres projets, constat qui a motivé son installation à Paris, en 2018. Sélectionné dans le cadre du salon Jeune Création, il y a présenté une « partition rythmique pour objets » (Variations d’un quotidien, 2018 – prix de Lieu Commun & Le Chassis), capharnaüm visuel et sonore associant bras mécanique, piano, vieilles radios, lampes, sèche-cheveux et ventilateurs.

Au Salon de Montrouge 2019, Charlie Aubry a agencé un théâtre d’objets plus autonome (Going Wrong, 2019), constitué d’effets personnels et générant une chaîne aléatoire d’évènements à partir d’un tempo et de motifs prédéfinis. Dans la lignée de l’Américaine Laurie Anderson, cet as du remploi creuse le sillon d’une esthétique plus glitch que kitsch : en exploitant les failles de dispositifs vintage comme de technologies complexes, Charlie Aubry témoigne de la volonté d’action renouvelée sur le réel qui caractérise une part de sa génération.

Texte par Julie Ackermann

Œuvres présentées dans « L’effet falaise »

Œuvres de l’artiste