Tirdad Hashemi

Née en 1991 à Téhéran (Iran), vit et travaille à Paris.

Les lignes sont agitées. Les couleurs sont franches et éclatantes. La maladresse est assumée. Griffonnés dans l’urgence, les dessins de Tirdad Hashemi reflètent son impétuosité à dire le monde et à exprimer les affects contradictoires qui la traversent. Au pastel gras, crayon de couleur ou peinture, ses dessins déploient sur feuilles volantes le journal de sa vie, de ses souvenirs et de ses fantasmes entremêlés; un journal qu’elle maintient dans le circuit de l’intime. Elle donne ses dessins, fait poser ses amis… Ses œuvres sont étroitement liées à une communauté à laquelle elle déclare son amour.

L’artiste ne compose pas un panthéon d’images mais un flux de représentations stylistiques variées retravaillant sans cesse la matière de sa biographie. Voilà en partie pourquoi Tirdad Hashemi a fait de l’inachèvement une modalité de son style, ses dessins étant souvent croqués rapidement et comme laissés à leur propre devenir. Ne jamais se fixer, ne pas pouvoir le faire. L’artiste a quitté l’Iran pour la France il y a près de 3 ans afin de vivre son homosexualité, découvrir le monde de la fête et de la mode parisienne. Réalisés dans une pauvreté de moyens, souvent en petits formats et facilement transportables, ses dessins portent en eux la condition de leur autrice, nomade et sans studio. Danser dans des soirées queer, déprimer seule dans son lit trop grand, faire l’amour à plusieurs, rester entre amis l’après-midi, s’habiller comme les rois de la nuit, partir en excursion. Chez Tirdad Hashemi, la vie suit son cours en dehors de l’agenda social et des représentations dominantes. Pas de productivité, de travail, d’administration ou de distinction entre les genres. Les identités sont fluides et les espaces figurés (de la nuit à l’appartement) sont souvent ceux où un cercle d’affinités se serre les coudes.

Avec ses dessins, Tirdad Hashemi affirme la singularité et la rudesse d’un mode de vie. Histoires affectives et politiques se chevauchent. La dépression, le mal du pays de ses amis exilés,  la mélancolie : l’intime est une affaire collective, à partager.

Texte par Julie Ackermann

Œuvres présentées dans « L’effet falaise »

Œuvres de l’artiste

@emerigemecenat

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